JAPON, BABY BLUES BABY DOLLS
Japon Baby Blues Baby DollsAu pays du Soleil-Levant, être enceinte signifie perdre son emploi et se retrouver du jour au lendemain femme au foyer. Comment les baby dolls, objet de toutes les sollicitudes masculines, n'auraient-elles pas le blues devant un avenir qui ne s'annonce guère radieux ?
En crise depuis plus de dix ans, le Japon invente à grande vitesse de nouvelles formes de modernité. Face à l'explosion de la cellule familiale et du couple, les femmes sont confrontées à l'érosion des valeurs traditionnelles qu'elles sont censées transmettre, à l'incommunicabilité et à l'immaturité.
Ce film explore la féminité et les relations hommes-femmes à travers des témoignages d'adolescentes, de mères et de grands-mères qui parlent de leur vie affective, sentimentale et sexuelle. Satoko a 37 ans. Productrice pour la télévision, mariée depuis trois ans, elle n'a pas d'enfant. "Ce dont j'ai envie, c'est d'encore plus de responsabilités. Je veux continuer à travailler. Si j'avais un enfant, il faudrait que je l'élève..."
Tout ou presque est déjà dit. Au regard des textes, la femme japonaise n'est l'égale de l'homme que depuis une vingtaine d'années. Libre de ses choix fondamentaux, elle compte bien en profiter. Mais les mentalités n'ont pas suivi. "Au Japon, une femme enceinte perd son travail, souvent dès sa grossesse. Devenue mère, elle change de statut. Le vieux schéma s'enclenche qui veut que la femme se borne à être une mère parfaite et que l'homme rapporte l'argent", témoigne Yumi. Une rigidité sociale à laquelle s'ajoute le malaise du mâle nippon.
Japon Baby Blues, Baby DollsAprès la défaite militaire de 1945, il y a eu la crise économique des années 90. Ainsi, Japonais et Japonaises seraient plus ou moins consciemment en quête d'espèces en voie de disparition. Le mâle "combatif" pour les unes, la femme docile et soumise pour les autres. Le fossé se creuse.
"Dans les films, les Occidentaux se disent "je t'aime" avant de dormir. Pour ça, je les envie", soupire une lycéenne, très consciente du pouvoir qu'elle exerce sur les hommes dans son costume de poupée. Baby blues, baby dolls...